MONTICELLI Adolphe

Il appartenait à une famille d'origine italienne fixée à Marseille. En 1843, il remporta le prix de dessin à l'école des beaux-arts de sa ville. Mais le musée l'attirait plus qu'un enseignement scolaire et, quand il vint à Paris, en 1847, pour deux années, c'est au Louvre qu'il trouva ses maîtres en Rembrandt, en Véronèse et en Watteau dans l'atelier de qui il étudia. Sa formation fut lente et ce n'est qu'en 1856, à l'occasion d'un retour à Paris, que son génie s'éveilla. Il fut apprécié de Delacroix et reçut la commande d'une décoration pour les Tuileries. En 1870 Monticelli retourna définitivement à Marseille. Celui-ci donna alors la part la plus prestigieuse d'un œuvre fécond et varié. Tout en continuant de produire d'imaginaires féeries, il retrouva un œil réaliste pour peindre des portraits dont les visages sont maçonnés dans un lumineux empâtement des natures mortes et des bouquets aux couleurs éblouissantes, des paysages saturés de soleil. Ses œuvres figurent dans la plupart des grands musées du monde ; En dépit de tant de plagiaires et de faussaires, Monticelli n'eut pas de successeur direct. Artiste d'exception, il joua un rôle complexe, préfigurant à la fois l'Impressionnisme par l'analyse du coloris et la vibration de la touche, le Symbolisme par la rareté ésotérique de l'émotion, Van Gogh et le Fauvisme par la hardiesse des tons et le goût des empâtements, en prolongeant le Romantisme par des thèmes inspirés de la fable et du passé.
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